Tout comme ils l'avaient déjà fait avec l'interface graphique, la souris, l'USB et même le Wi-Fi, Apple se retrouve encore une fois à démocratiser une technologie révolutionnaire mais jusque-là inconnue du grand public. C'est indéniable, depuis qu'Apple l'a appliqué avec l'iPhone, puis ses ordinateurs portables, la technologie est passée d'un coup, du laboratoire à la grande distribution. Encore une fois, ils n'ont rien inventé, les premières références au multitouch remontent à 1982, mais ils ont su tirer le meilleur de la technologie.
Il semblerait qu'avec leur dernier téléphone, HTC aient résolut la plus grosse déception (à mon avis) des précédentes itérations : ils ont étendu leur interface tactile TouchFlo 3D de manière à masquer entièrement Windows Mobile.
You wouldn't even know this device was Windows Mobile. You would just think it's TouchFlow 3D
Le meilleur hommage qu'on puisse faire à l'iPhone c'est sûrement de le copier. Mais comme le dit si bien Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». iSwish en est l'illustration. Le programme promet d'amener l'interface de l'iPhone à tout téléphone sous Windows Mobile. Mais comme on le voit dans la video ci-dessous, c'est très décevant.
Ils n'ont visiblement pas cherché à comprendre pourquoi Apple avait choisi tel effet à tel endroit, et la copie est très maladroite. Le problème est fondamental, et les concepteurs de Windows Vista ont fait la même erreur. Les effets visuels utilisés sur Mac OS X, s'ils paraissent fun et tappe à l'œil au premier abord ont une FONCTION.
Par exemple, la plupart des transitions animées permettent à l'utilisateur de comprendre ce qui se passe. Avant Mas OS X, lorsqu'on réduisait une fenêtre, elle disparaissait instantanément et l'utilisateur n'avait aucun moyen de savoir où elle avait disparu.
Je constate régulièrement ce phénomère lors tests utilisateurs que j'effectue sur des sites internet. La personne clique sur un lien, un changement a eu lieu dans la page, mais la personne ne le voit pas, ou ne le comprend pas. Si elle ne le voit pas elle va penser que le système ne fonctionne pas, ou pire qu'elle n'arrive pas à s'en servir, ce qui va affecter toute son expérience ultérieure. Si elle voit le changement, sa perception de ce qui s'est passé peut être erronée. Prenons l'exemple d'un lien qui, lorsqu'on clique dessus, fait apparaître un élément de la page jusque là masqué. Pour la plupart des utilisateurs, cliquer sur un lien signifie aller sur une autre page, si le changement est assez conséquent visuellement, la personne aura l'impression d'avoir changé de page et pourra être tentée de cliquer sur le bouton page précédente pour retourner à l'état d'avant le clic. Avec l'utilisation d'une transition (cf. la bibliothèque jQuery par exemple) la personne dispose des éléments lui permettant de comprendre ce qui s'est passé et fera par conséquent moins d'erreurs.
Ce qu'on reproche (à juste titre) aux interfaces tactiles c'est l'absense de sensations que procure leur manipulation. C'est là que réside le gros avantage des clavier physiques sur leur équivalents tactiles comme celui de l'iPhone. En effet, lorsque vous tapez, vous sentez les touches sous vos doigts et cela vous permet d'ajuster leur position lors de la frappe. Chose impossible sur l'écran lisse de l'iPhone qui mène à un taux d'erreur plus important. L'innovation sur ce créneau bat son plein pour tenter de contrer Apple sur son propre terrain, et Samsung vient de présenter son téléphone tactile doté d'une technologie de feedback haptique permettant de simuler ces sensations.
Après les images et les démos décevantes des prototypes disponibles au Mobile World Congress, voici une vidéo intéressante d'une version alpha d'android par Andy Rubin de Google.